Historique
Caractéristiques
État du lac
Rives
Marais
Bassin versant
Historique
À l’instar des autres dépressions lacustres de la région
immédiate, le lac Saint-Charles origine de la fonte glaciaire. Vers 12000-10000 ans
avant aujourd’hui, la vallée de Stoneham/Lac-Saint-Charles était partiellement
occupée par des masses glaciaires en lambeaux qui fondaient sur place dans les
secteurs les plus déprimés. Les lambeaux glaciaires ont laissé leurs empreintes
dans le paysage. En effet, certains contours de baies témoignent bien de la
présence de ces kettles (lambeaux glaciaires). Suite au retrait rapide des eaux
marines, les portions de la plaine au drainage déficient et les marges lacustres
peu profondes se sont graduellement entourbées.
Au début du 20e siècle, les interventions humaines visant à
faire de ce lac un réservoir d’eau potable ont eu d’importantes répercussions sur
l’hydrologie naturelle de ce plan d’eau. Au début des années 1930, après des études
démontrant la qualité de son eau, la Ville de Québec décidait d’utiliser le lac
Saint-Charles comme réservoir d’eau potable. Plusieurs propriétés riveraines furent
acquises et un barrage fut érigé en 1934 pour en augmenter le volume d’eau et assurer
un débit régulier à l’extrémité sud du lac. En 1950, le barrage fut rehaussé, ce qui
entraîna la hausse du niveau de l’eau du lac. L’eau submergea une partie des terres
basses environnantes, créant ainsi des bassins à débit plus lent et une importante zone
marécageuse au nord du lac. Aujourd’hui, on estime que la colonne d’eau est de deux
mètres plus élevée que le niveau originel. La mise en eau des terres entraîna un
processus d’érosion des berges et des tonnes de terre et d’humus furent transportées des
rives vers le fond du lac, transformant le lit de sable et de gravier en lit de vase.
Carte topographique de 1920 du secteur du lac Saint-Charles
Autres documents relatant l'histoire du lac Saint-Charles :
Le Lac Saint-Charles
Lac-Saint-Charles, 1946-1996 (livre commémoratif du 150e)
Les trésors du journal d'un estivant
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Caractéristiques
Le lac Saint-Charles est le plus grand plan d’eau du bassin versant
de la rivière Saint-Charles et constitue la réserve d’eau potable de quelque 250 000
résidants de la Ville de Québec. Le lac Saint-Charles se situe à la limite du Bouclier
canadien et des Basses-Terres du Saint-Laurent (Gérardin et Lachance, 1997). Orienté
selon un axe nord-sud à une altitude de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce lac
est d’une superficie de 3,6 km2. Il est composé d’un bassin profond (nord) et d’un bassin
allongé peu profond (sud). Les deux bassins sont reliés par un passage étroit et de
faible profondeur (moins de trois mètres).
Le bassin nord du lac Saint-Charles a une profondeur moyenne de 5,6 m
et une profondeur maximale de 16,5 m. Représentant 51,4% de la surface totale du lac, il
contient cependant 70% des 15 millions de m3 d’eau du volume total. Les deux principaux
affluents du lac, la rivière des Hurons et l’émissaire du lac Delage, se déversent à
l’extrémité nord du lac dans une large baie peu profonde (moins de 2 m) connue sous le
nom des Marais du Nord. Cette zone marécageuse occupe un territoire représentant environ
10% de la superficie de ce bassin. L’eau y est relativement stagnante et on retrouve la
présence de petites mares et de méandres délaissés dans la zone inondable de la rivière
des Hurons dû à l’élargissement du cours d’eau et à sa faible profondeur. Beaucoup moins
profond, le bassin sud-est caractérisé par une profondeur maximale de 4 m pour un volume
d’environ 4,5 millions de m3 d’eau (Légaré, 1998).
La faible superficie de ce lac (3,6 km2) par rapport à
l’immensité du bassin qui l’alimente (165,8 km2) le prédispose à une sensibilité
écologique et environnementale très importante. Ses dimensions restreintes font
qu’il témoigne rapidement de toutes les transformations d’origine humaine (coupes
forestières, étalement urbain, etc.) qui se produisent dans son bassin versant.
Carte bathymétrique du lac Saint-Charles
Statistiques sur la fonte du couvert de glace du lac Saint-Charles
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État du lac
Son état de santé est inquiétant sans toutefois être irréversible.
Présentement, le vieillissement du lac Saint-Charles est accéléré par l’urbanisation de
ses rives et du territoire sur l’ensemble de son bassin versant. La déforestation,
l’imperméabilisation des sols, l’utilisation des engrais et des pesticides et les
installations septiques déficientes sont autant de facteurs qui nuisent à sa santé.
De plus, bien que le taux de renouvellement des eaux du lac soit élevé
(environ 15 fois/an), sa faible profondeur et l’importance des matières organiques qui
s’y accumulent favorisent la prolifération de plantes aquatiques et d’algues, en plus
de provoquer un déficit en oxygène dans le fond du lac pendant une bonne partie de
l’année. Ce phénomène d’eutrophisation* graduelle du lac a une incidence sur l’équilibre
biologique des eaux.
*eutrophisation : enrichissement de l’eau par des nutriments, en particulier par des
composés d’azote et de phosphore.
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Rives
La végétation riveraine constitue un rempart contre l’érosion, une
barrière contre les apports en sédiments, un filtre contre la pollution, un écran contre
le réchauffement excessif de l’eau, un régulateur du cycle de l’eau, un habitat pour la
faune et un brise-vent naturel. Une bande de dix mètres composée principalement d'arbustes
devrait ceinturer l'ensemble des rivières et lacs afin de les protéger efficacement.
Nouveau - Programme d’aide pour la renaturalisation des rives
Évaluation de l'état des rives
L'indice de la qualité des bandes riveraines (IQBR) est un outil développé par le
MDDEP
servant à évaluer la condition écologique d’un milieu riverain. Cet indice est construit autour de l'évaluation de la proportion de la rive étudiée recouverte par l'une des composantes des écosystèmes riverains, soient : la forêt, les arbustaies, les herbaçaies naturelles, les cultures, les friches et pâturages, les coupes forestières, le sol nu, le socle rocheux et les infrastructures. Une cote est donnée à chaque composante afin d’obtenir la valeur finale de l’IQBR.
La cote estime le potentiel de chacune des composantes à remplir les fonctions écologiques qui définissent l’habilité de l’écosystème riverain à maintenir et à soutenir les communautés d’organismes terrestres et aquatiques dans un état d’équilibre et propre à celui des milieux naturels. En multipliant cette cote à la proportion de la rive évaluée représenté par cet élément, on obtient une note sur 10 de la qualité de ce segment d'écosystème riverain.
Carte de l'IQBR des rives 2006
Carte de l’évolution des rives 1981-2006
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Marais
Un marais est une usine d’épuration des eaux naturelles. En effet,
l’eau qui arrive du haut bassin versant par la rivière des Hurons et la décharge du lac
Delage est d’abord filtrée naturellement par les Marais du Nord avant de s’écouler dans
le lac. Le marais retient les sédiments et le phosphore, prélève l’azote et diminue le
nombre de bactéries pathogènes dans l’eau. Le rôle des plantes aquatiques et du marais
est donc primordial pour maintenir la qualité de l’eau du lac. De plus, un marais a un
rôle de régulateur lors de crues, c’est-à-dire qu’il retient l’eau et la libère
graduellement en période de sécheresse.
Les milieux humides, des trésors méconnus
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Bassin versant
Carte du bassin versant du lac Saint-Charles
Carte des pressions que subit le lac Saint-Charles et son bassin versant.
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