Son état de santé est inquiétant sans toutefois être irréversible. En effet, comme le corps humain, si on ne prend pas soin de sa santé, les risques sont plus grands. Présentement, le vieillissement du lac Saint-Charles est accéléré par l’urbanisation de ses rives et du territoire sur l’ensemble de son bassin versant. La déforestation, l’imperméabilisation des sols, l’utilisation des engrais et des pesticides et les installations septiques déficientes sont autant de facteurs qui nuisent à sa santé. De plus, bien que le taux de renouvellement des eaux du lac soit élevé (environ 15 fois/an), sa faible profondeur et l’importance des matières organiques qui s’y accumulent favorisent la prolifération de plantes aquatiques et d’algues, en plus de provoquer un déficit en oxygène dans le fond du lac pendant une bonne partie de l’année. Ce phénomène d’eutrophisation
* graduelle du lac a une incidence sur l’équilibre biologique des eaux. *eutrophisation : enrichissement de l’eau par des nutriments, en particulier par des composés d’azote et de phosphore. Ce processus naturel est accéléré par l'apport de matières nutritives lié aux activités humaines.
Cette question doit être répondue en trois temps. Premièrement, si on parle d’eau « bonne à boire », la réponse est non, à moins qu’elle ne soit traitée. En effet, l’eau de surface ne peut être consommée sans avoir été traitée en raison des trop grands risques que cela peut comporter pour la santé. Dans un second temps, si on parle de qualité d’eau générale (pour la baignade et le canotage), les tests effectués à l’exutoire du lac démontrent une qualité « A », c’est-à-dire excellente. Enfin, à savoir si la qualité de l’eau est adéquate pour maintenir la biodiversité du lac, le processus de réchauffement et d’enrichissement que subie l’eau du lac depuis plusieurs années a déjà contribué à un changement au niveau des populations de poissons et à une augmentation de certaines populations de plantes aquatiques « indésirables ».
En tant que réservoir d’eau potable, le lac Saint-Charles subit des variations du niveau de l’eau provoquées par les opérations du barrage érigé à l’exutoire au sud. En 1995, la Ville de Québec a modifié ses pratiques de gestion du lac Saint-Charles afin de maintenir un débit réservé de 0,9 m³/s en tout temps dans la rivière Saint-Charles en aval de sa prise d’eau. Ceci permet de maintenir un débit adéquat pour protéger les habitats aquatiques et éviter une détérioration des usages récréatifs et de la valeur esthétique de la rivière (Ville de Québec, 1999). Par contre, en période de sécheresse, cette méthode de gestion provoque une utilisation parfois très grande du réservoir qu’est le lac Saint-Charles. Une étude hydrologique du bassin versant du lac sera réalisée au cours de la prochaine année dans le but d’améliorer la gestion du barrage.
Les cyanobactéries sont des micro-organismes s’apparentant à des algues unicellulaires (bactéries capables de photosynthèse). Dans une eau riche en phosphore, les cyanobactéries peuvent se reproduire rapidement et abondamment. On parle alors d’une floraison (bloom) nommée « fleur d’eau » qui est visible à la surface de l’eau. Visuellement, on voit donc apparaître une coloration bleu-vert à la surface de l’eau d’où le nom populaire « d’algue bleue ». Il existe différentes espèces de cyanobactéries et certaines produisent des toxines pouvant être dangereuses pour la santé.
Pour en savoir plus (MDDEP) lien http://www.alguesbleuvert.gouv.qc.ca/fr/index.asp
On retrouve du phosphore dans les engrais que l’on utilise pour fertiliser les pelouses ou le jardin (engrais naturels ou synthétiques). Aussi, les installations septiques et les rejets d’eaux usées en regorgent. En effet, les savons et les produits nettoyants en contiennent, ainsi que les matières fécales. De plus, le phosphore est libéré à l’état naturel par les matières organiques en décomposition, telles que le compost, les feuilles mortes, etc.
Excellente question! Tout le monde peut collaborer à la préservation du lac. Les villes peuvent améliorer leurs règlements afin d’interdire l’épandage d’engrais et de pesticides, d’obliger la conservation de la bande de végétation riveraine et d’interdire la mise à nue des sols de façon prolongée durant les chantiers de construction. De plus, les villes peuvent améliorer l’entretien des fossés, la gestion des eaux de drainage et instaurer une inspection systématique des installations septiques tous les 5 à 7 ans en bordure des cours d’eau. Les riverains doivent aussi collaborer en protégeant leur rive avec des arbustes. Enfin, tous les citoyens du bassin peuvent contribuer en limitant leur utilisation d’engrais pour les pelouses, en employant des produits nettoyants sans phosphore, en respectant les règles d’usage pour prolonger la vie d’une installation septique et en reboisant leur terrain au maximum.
Pour prolonger la vie de vos installations septiques et pour préserver le milieu naturel, proscrivez tous les déchets qui n'ont pas leur place dans la cuvette de toilette tels que les mégots de cigarettes, graisses ou huiles, serviettes hygiéniques, cheveux, marc de café, essuie-tout et litière du chat. Ne jetez jamais d'antibiotiques et des produits nocifs et toxiques dans les toilettes ou les éviers, comme, l’eau de Javel en grande quantité, de la peinture, vernis, diluant ou encore des pesticides et herbicides. De plus, ne jamais utiliser de broyeur à déchets. Rappelez-vous que ces produits détruisent les micro-organismes dont votre fosse septique a tant besoin.
Les arbustes ont beaucoup de racines ce qui crée un rempart contre l’érosion des sols et des rives. De plus, la bande de végétation riveraine est une barrière contre les apports en sédiments, un filtre contre les polluants et un écran de protection contre le réchauffement excessif de l’eau. Aussi, la végétation riveraine joue un rôle de régulation du niveau d’eau, de brise-vent, d’amélioration du paysage et d’augmentation de la richesse biologique.
Il existe pourtant des faucardeurs pour faire ce type d’ouvrage. Il n’existe aucune solution miracle pour éliminer cette plante exotique envahissante. La couper est la pire des solutions, car chaque segment de la plante va créer une nouvelle pousse (reproduction végétative). Le myriophylle doit être déraciné complètement si on veut réellement l’éliminer. Il faut également sortir toutes les plantes déracinées du lac, sinon elles pourraient simplement s’enraciner ailleurs. Il est évident que cette méthode n’est applicable que pour de très petites superficies. Donc, la seule solution est de ne pas favoriser la croissance en éliminant tout apport en fertilisant (engrais = phosphore, azote, potassium). Aussi, comme les plantes aquatiques adorent le soleil, il est souhaitable d’avoir des arbres et arbustes en bordure du lac afin de faire de l’ombre et nuire aux conditions dont elles ont besoin. Lorsque l’on veut éliminer une espèce envahissante, une attention très grande doit être portée afin d’éviter de contribuer à sa propagation !
Le goéland à bec cerclé est protégé par la loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Il ne peut donc pas être chassé. Aussi, il est important de savoir que les goélands utilisent seulement le lac comme dortoir. Pour résoudre le problème, il serait primordial de savoir où ils se nourrissent et où ils nichent afin de les déloger de ces endroits. Jusqu’à maintenant, nous n’avons pu trouver l’endroit. Le dépotoir qui était situé dans la municipalité de Stoneham est désormais fermé, alors ça ne peut pas être à cet endroit qu’ils se nourrissent. Un système d’effarouchement ne pourrait être utilisé sur le lac en raison des trop grands coûts (grand plan d’eau et panneaux solaires pour leur fonctionnement), mais surtout à cause des risques de vol et de vandalisme. De plus, ces systèmes éloignent non seulement les goélands, mais plusieurs autres espèces d’oiseaux en plus de générer un bruit pouvant gêner les résidents. Enfin, nos recherches se poursuivent pour trouver les endroits où ils se nourrissent et nidifient afin d’agir à la source du problème.
Avec l’érection du barrage, la superficie du lac ayant une faible profondeur a augmentée. Ces milieux peu profonds étant propices à la prolifération des plantes aquatiques, il y a eu la création de marais et une augmentation importante de la charge organique s’ensuivit. En effet, à l’automne, les plantes se déposent dans le fond du lac et sont décomposées par des bactéries. Ces bactéries consomment alors en totalité l’oxygène disponible au fond du lac. Comme le Touladi recherche l’eau froide des profondeurs, mais qu’il n’y a plus assez d’oxygène pour sa survie, cela a mené à sa disparition.
Ces aérateurs sont utilisés pour mélanger les eaux de surfaces avec les eaux plus profondes. Si à première vue cela semble une solution parfaite au manque d’oxygène, cette solution est temporaire, couvre un espace très limité (donc très coûteuse) et est visuellement désagréable. De plus, des experts ont prouvé que le brassage peut provoquer l’augmentation de la charge interne du phosphore et ainsi augmenter la prolifération d’algues, ce que nous ne souhaitons pas.
Les activités en surface comme le canotage ne peuvent brasser la couche inférieure des eaux qui manquent d’oxygène. En effet, la couche inférieure se trouve à plus de cinq mètres de profondeur.
Tout d’abord, l’alimentation artificielle des canards entraîne une dépendance alimentaire des oiseaux. Les canards deviennent peu méfiants, profitent de cette nourriture abondante et facilement accessible et perdent peu à peu leur capacité de trouver eux mêmes les plantes et organismes dont ils se nourrissent. De plus, cette nourriture n’est pas nécessaire, car le milieu naturel leur fournit toute la nourriture dont ils ont besoin. L’alimentation artificielle favorise également un regroupement anormalement élevé de canards dans un secteur limité.
La promiscuité qui découle de ces regroupements peut favoriser l’éclosion de maladies (botulisme, choléra). Ces regroupements entraînent aussi l’émission d’une grande quantité d’excréments et de coliformes fécaux dans l’eau, ce qui affecte bien sûr la qualité de l’eau de consommation. Un seul canard produit par jour autant de coliformes que cinq humains!
Ce sont des membres, principalement des résidants du bassin versant, qui ont à cœur la protection du lac Saint-Charles. Les bénévoles qui siègent sur le conseil d’administration sont élus lors de l’assemblée générale des membres.
Trois employés sont « permanents » : une directrice générale et deux chargés de projets. De plus, selon les projets à réaliser, nous engageons des techniciens ou des professionnels. Aussi, il y a deux préposés (un à temps plein et un à temps partiel) qui assurent l’accueil des clients des Marais du Nord tout au long de l’année. Enfin, plusieurs bénévoles nous aident dans la gestion des Marais du Nord et pour la réalisation des activités de l’APEL.
L’APEL ne reçoit aucune subvention de fonctionnement de la part des ministères ou des villes. Toutes les subventions sont pour la réalisation de projets. En 2008, 26% des revenus de l’APEL proviennent de nos activités (cotisations des membres, entrées aux Marais du Nord, animation, bazar de jouets, ventes de la boutique écologique et dons privés). La balance de nos revenus provient de subventions pour la réalisation de projets spécifiques (municipal 28%, provincial 18%, fédéral 22% et fondations 6%). Il est important de savoir que l’APEL est toujours à la recherche de financement afin de pouvoir améliorer la qualité de ses services. D’ailleurs, une partie importante du temps de travail des employés permanents est utilisée afin de faire des demandes de subventions pour la réalisation de nos activités. Il est à noter que nous pouvons émettre sur demande des reçus de dons de charité aux fins d’impôt.
En plus de recevoir toutes les informations sur les activités de l'APEL (bulletin d’information électronique mensuel, capsules éducatives, activités spéciales, etc.), vous obtenez automatiquement un laissez-passer annuel individuel aux Marais du Nord. Les randonnées guidées thématiques en sentiers vous sont offertes gratuitement. De plus, vous avez un droit de vote lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation.
Au mois de mars de chaque année.